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Pourquoi de plus en plus de voyageurs évitent les USA en 2026 — et les meilleures alternatives pour les Algériens

Les arrivées internationales aux États-Unis ont chuté de 14 % en avril 2026. Délais de visa, contrôles aux frontières, climat politique : le marché américain perd des voyageurs au profit du Canada, de l'Émirat de Dubaï et de l'Asie. Lecture pour les voyageurs algériens.

Par Équipe DJE Holidays · Rédaction visas & voyages

Le constat est sans appel : selon les chiffres publiés par le National Travel & Tourism Office en mai 2026, les arrivées internationales aux États-Unis ont reculé de 14,1 % en avril 2026 sur un an. C'est l'un des reculs les plus brutaux jamais enregistrés en dehors d'une crise sanitaire. Et la tendance ne touche pas que les Algériens : les Canadiens, qui constituaient historiquement le premier contingent étranger à Las Vegas, ont baissé d'environ 20 % en 2025, tandis que New York City a perdu 12 % de ses visiteurs étrangers, soit 4 milliards de dollars de recettes touristiques évaporées.

Pourquoi ce désamour ? Une enquête internationale publiée début 2026 donne plusieurs facteurs convergents :

- les délais d'attente pour un entretien visa B1/B2 atteignent désormais 8 à 12 mois dans plusieurs consulats, dont Alger ; - la proclamation présidentielle 10998, entrée en vigueur en janvier 2026, suspend ou restreint la délivrance de visas pour les ressortissants de plusieurs pays — sans toucher directement l'Algérie, mais en alourdissant le climat ; - le « visa bond » imposé depuis l'automne 2025 (dépôt de 5 000 à 15 000 USD) reste en vigueur pour la majorité des motifs hors Coupe du Monde 2026 ; - les contrôles à l'entrée se sont intensifiés, avec des durées d'interrogatoire en hausse à JFK et LAX, et plusieurs cas médiatisés de voyageurs refoulés à l'arrivée ; - enfin, une nouvelle exigence de divulgation des comptes de réseaux sociaux sur cinq ans, proposée en consultation, dissuade une partie du public européen et arabe.

Pour un voyageur algérien, le coût d'opportunité devient donc difficile à justifier : 8 à 12 mois d'attente, 35 000 DA de frais de visa non remboursables, un dépôt de garantie pouvant atteindre 1,5 million de DA, et un risque réel de refus au guichet ou à l'arrivée. La question rationnelle n'est plus « pourquoi aller aux USA » mais « qu'est-ce qu'il y a d'équivalent ailleurs ».

Voici les trois grands axes d'alternatives qui se sont imposés en 2026 :

**1. Le Canada pour ceux qui visaient l'expérience nord-américaine.** Le visa de visiteur (TRV) reste accessible depuis Alger via le VAC de Casablanca ou Tunis ; les délais oscillent entre 12 et 20 semaines, et un eTA est possible pour les détenteurs d'un visa américain valide. Toronto, Montréal, Niagara et les Rocheuses offrent une expérience comparable aux USA, avec une diaspora algérienne très installée à Montréal qui facilite l'accueil.

**2. Dubaï et l'Asie pour ceux qui voulaient le shopping et le décalage.** Les Émirats arabes unis offrent un visa touristique en ligne en 48 heures pour les Algériens. La Malaisie accueille les passeports algériens sans visa pendant 90 jours, le Vietnam délivre un e-visa à environ 25 USD pour un séjour pouvant aller jusqu'à 90 jours, et la Thaïlande exige un visa touristique consulaire pour les Algériens (60 jours, environ 40 USD) mais reste l'une des destinations les moins chères côté restauration et hôtellerie. Sur 8 à 12 jours, les coûts restent très inférieurs à ceux d'un séjour américain équivalent.

**3. La Turquie, la Russie et les destinations Schengen pour un « substitut culturel ».** La Turquie est accessible aux Algériens avec un simple e-visa en ligne. La Russie nécessite toujours un visa consulaire classique pour les Algériens (le passeport algérien n'est pas éligible à l'e-visa russe à ce jour), mais l'instruction reste relativement rapide à Alger. Vols directs depuis Alger sur Istanbul et Moscou, et une offre culturelle qui rivalise avec New York. Pour Schengen, l'Italie reste la voie la plus accessible (cf. notre article dédié).

Faut-il définitivement renoncer aux USA ? Non — mais la fenêtre de tir s'est rétrécie. Les voyageurs qui obtiennent un visa B1/B2 valide en 2026 conservent un atout durable (le visa est délivré pour 5 ans). Pour les autres, l'attente du « bon moment politique » risque de s'allonger : la prochaine élection américaine est en novembre 2028, et les analystes du tourisme tablent sur un retour à la croissance des arrivées au plus tôt à l'horizon 2027-2028.

Notre conseil : si vous avez un projet USA précis (Coupe du Monde, mariage, études, conférence professionnelle), traitez-le maintenant avec une marge confortable. Sinon, redirigez votre budget de l'année sur les alternatives ci-dessus — vous voyagerez davantage, plus sereinement, et pour souvent moins cher.

Questions fréquentes

  • Faut-il annuler un projet USA si on a déjà un rendez-vous visa ?

    Non. Un rendez-vous obtenu est une ressource rare : il vaut mieux le honorer même si vous hésitez encore sur la date de voyage. Le visa B1/B2 est délivré pour 5 ans et reste utilisable à n'importe quel moment dans cette fenêtre — utile en cas de tournoi sportif, conférence ou opportunité de famille.

  • Le Canada est-il vraiment plus accessible que les USA ?

    Oui en pratique. Le visa de visiteur canadien (TRV) ne demande aucun « bond » financier, l'entretien n'est pas systématique, le taux d'acceptation pour les Algériens est plus élevé qu'aux USA (autour de 50–55 % en première demande, davantage pour les profils familiaux ou professionnels solides) et un visa américain valide ouvre la voie à un eTA Canada en quelques minutes.

  • Quelles destinations asiatiques sont les plus simples côté visa ?

    Pour un passeport algérien : la Malaisie offre 90 jours sans visa (séjour touristique ou affaires), le Vietnam un e-visa à 25 USD en 3 à 5 jours ouvrés pour 90 jours, l'Indonésie un visa à l'arrivée à Bali à environ 35 USD. La Thaïlande, en revanche, n'a pas accordé aux Algériens son exemption de 60 jours de 2024 — un visa touristique consulaire (env. 40 USD, 60 jours) reste exigé. Singapour reste plus restrictive (visa avec dépôt préalable), tout comme la Chine (procédure consulaire complète, sauf transit court).